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14 août 2017 1 14 /08 /août /2017 09:57

Le blanc linceul de l'oubli me garde à jamais, tel le jour d'hier, du cercueil sinistre ou doré de vos mémoires. Et déjà de la mienne.

Est-ce faute de piété ou de pensée que la science se soit si peu reconnue comme l'ultime avatar de l'extase ? ou de l'aliénation ?

La vie serait-elle venue à la matière, et l'esprit à la vie, par un besoin irrésistible et insatiable de distraction ? (De l'ennui abyssal comme tonalité fondamentale de l'être: de quoi réconcilier Heidegger et Cioran.)

L'un est toujours plus et moins qu'un (précision ou imprécision à joindre au shema' comme à Héraclite)..

Il est souvent plus d'intelligence mutuelle dans la chorégraphie d'ennemis qui s'évitent que dans celle d'amoureux qui se cherchent.

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13 août 2017 7 13 /08 /août /2017 09:33

La fin du monde est plutôt calme dans l'ensemble.

Toi qui rêvais encore de feu et de sang,

de danses nues, de rires fous, de chants sans lendemain,

de désertions superbes et de joyeux effondrements,.

à grand-peine as-tu frayé ton chemin parmi les mots des autres

pour tomber épuisé sur la rive résignée des choses,

vidé de tout, ouvert à tout comme une conque

au gracieux oubli du ciel et de la mer.

 

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12 août 2017 6 12 /08 /août /2017 20:48

Tranché une bonne fois le fil invisible

qui te retenait à toi

te voilà libre enfin

de te contempler ou de t'ignorer

de te soigner ou de t'abandonner

de t'épargner ou de te dépenser

de te couvrir de gloire ou de ridicule

de te rendre utile ou inutile

et entre tout cela

de choisir ou de ne pas choisir

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11 août 2017 5 11 /08 /août /2017 11:14

il se pourrait bien après tout

que par le deuil interminable

des mots et des choses

du rire et des larmes

du bien et du mal

de moi et de l'autre

de la vie et de la mort

de l'avenir et du passé

de la foi et de l'amour

de l'histoire et de l'être

de l'esprit et de l'âme

de l'homme et de l'animal

du ciel et de la terre

ma joie demeure

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10 août 2017 4 10 /08 /août /2017 09:46

Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée. (La pièce de Musset, que je viens de relire, n'épuise pas la portée infinie du proverbe désuet auquel elle se réfère d'ailleurs expressément, bien que son titre seul semble nous l'avoir conservé.)

Tel jour ou telle nuit, telle saison, telle heure, telle lumière, tel temps (weather), telle température, tel vent, tel âge, tel état, tels yeux, telle histoire, telle époque, tel lieu, tel milieu, telle langue, telle culture, telle humeur, tel point de vue, pour que cet arbre, cette maison, ce nuage, m'apparaisse en cet instant et par cette fenêtre tel qu'il est, sans épuiser pourtant ni son être ni le mien.

Contingence de l'événement au regard de l'intelligibilité substantielle des choses, dont l'intelligence même l'aveugle à l'essentiel. Ou plutôt l'essanciel, qui en dépit de tout savoir systématique, structurel et fonctionnel, demeure facétieusement ouvert et accessible à la seule idiotie de l'instant.

Et dire que tout n'aura été qu'ainsi.

Et qu'ainsi cela ne se dit qu'en français.

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9 août 2017 3 09 /08 /août /2017 11:54

Dans les yeux d'un élan je me repens de tout.

De tant de manières je suis l'animal qui me précède et dont je procède -- dont je vis, que je l'aie mangé ou lui aie autrement survécu. Je le porte en moi, partitif et intact, individuel et spécifique, générique ou génétique, réel, symbolique, imaginaire, comme une dette et une faute irrémissible, un don et un pardon inespérés, recours et ressource d'où tout autre me revient comme moi-même, par la rage comme par l'amour et même par l'indifférence.

Le dieu comme l'animal, l'animal comme le dieu, merveilleux, terrible, désemparé, me regarde et je ne vois que par ses yeux.

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8 août 2017 2 08 /08 /août /2017 17:39

On ne fait pas plus indicible que l'évidence.

Plus de dieu, hélas ! pour nous perdre ou nous sauver en nous rendant sages ou fous, au jour où il nous apparaît, à nous qui en sommes dès lors incapables, que cela reviendrait exactement au même.

Il y a dans la haine du système une part de vérité incendiaire dont ses exploitants attitrés ne se méfieront jamais assez. Car la combinaison des désirs et des craintes contradictoires qui tient ensemble un sy-stème peut à tout instant se retourner contre lui et le mettre en pièces -- mais d'un tel retournement nul ne décide.

Pour tout ce qu'il aura nommé, animal, brin d'herbe, goutte d'eau, pierre, cellule, molécule, atome, particule, l'homme aura goûté, avec un raffinement certes inégal, l'enfer d'être soi. Complaisante et patiente, l'indifférence universelle se laisse lire par lui comme un signe de l'efficacité ou de l'inutilité de son sacrifice vicaire, jusqu'à ce qu'en guise de récompense il s'y résorbe enfin.

Il aura tout de même douté du bien. Trop tard et trop peu.

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23 juillet 2017 7 23 /07 /juillet /2017 15:10

Seul le sensible est intelligible. Seul le réel est imaginaire. Et réciproquement.

Tu as toujours su que ça finirait mal; et que ça finirait bien. Mais il te fallait jouer jusqu'à sa fin le jeu de l'alternative.

Parmi les curiosités de l'histoire de Caïn (Genèse iv): la peine de mort inventée non pour punir, mais pour protéger le meurtrier.

L'homme a eu l'intuition du spectacle, mais il n'a pas pu quitter la scène. Il a fini par renoncer à s'inventer un public.

Energie, matière, vie, conscience, spirale vertigineuse d'une chute en soi, libre et toute tracée; mais de quoi ?

Humanité, humanisme, humanitarisme: la phase terminale est interminable.

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20 juillet 2017 4 20 /07 /juillet /2017 21:54

Mort enfantine,

pour les secrets cruels et tendres de tes jeux

le Fils de Dieu, hélas ! était déjà trop vieux.

Mort décrépite,

éternelle déjà d'une morne hébétude,

il ne pouvait goûter ton insipide ennui.

Mort combattante,

à la fortune du coup reçu comme on le donne,

l'Agneau ignorait tout de ta mâle passion.

Mort de surprise,

de ta mésaventure absurde ou ridicule

l'Elu ne sonda point l'étrange profondeur.

Mort grabataire,

du patient travail de ce corps qui s'altère,

il ne contempla pas la transfiguration.

Mort maternelle,

de la vie que tu perds en la mettant au jour,

que devina jamais l'intègre Fils de l'homme ?

Mort animale,

pour l'éblouissante clarté de ton spasme,

même incarné le Verbe était bien trop bavard.

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16 juillet 2017 7 16 /07 /juillet /2017 15:46

Reste en suspens gêné, aussi brûlante qu'idiote, la question de la beauté, et de son point de vue (d'ouïe, d'odorat, de goût, de toucher, avec tout de même quelque privilège de la vue sur et jusque dans les autres sens) -- in the eyes (ears, etc.) of the beholder (hearer, etc.). De sa catégorie, de son jugement tel qu'il ne manque guère de se prononcer, et se prononce rarement sans la honte d'avoir dit une énorme sottise au pire moment; d'avoir perdu là, comme on dit, l'occasion par excellence de se taire, avant de se perdre en synonymes et en circonlocutions. Comme si le dire du beau était le lieutenant maladroit d'un silence à tous égards préférable.

Le commentaire esthétique éclairé, s'en tenant à la description plus ou moins détaillée du sensible, évite l'impair en contournant savamment l'évidence ineffable, dont il n'y a effectivement rien à dire.

Ce qui fait regarder, écouter, goûter, sentir, palper -- la "beauté" des choses -- cela reste invisible, inaudible, insipide, inodore, intangible: indicible. Ce qui manifeste ne se manifeste pas -- non substance ni substrat mais retrait, faille, brèche, hiatus ou syncope, jusque dans la frontière bien gardée du "sujet" et de l'"objet". Je suis -- la beauté du monde.

L'abîme ne se laisse pas mettre en abyme.

Le beau n'est pas beau, comme le bien n'est pas bon.

Ce qui donne du prix n'a pas de prix, ce qui donne de la valeur est sans valeur. Ce qui fonde n'est pas fondé, ce qui justifie ne se justifie pas, ce qui légitime n'a rien de légitime.

Certes. Mais l'exclamation naïve du beau, dût-elle appeler aussitôt sa rétractation confuse, attire l'attention sur cela dont il eût, sans doute, à la réflexion, été plus juste ne rien dire. Ce n'est pas tout à fait rien, et c'est aussi par là -- dans la bouche des enfants ? -- que la "beauté" se manifeste.

 

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